En rade de pompe à diesel à Puyuhuapi

Quand on vous dis qu’il faut toujours faire confiance à l’univers, ne sous-estimez jamais ce bon vieil adage.

Alors que nous venions de sortir de la carretera Austral pour trouver un camping pour la nuit, nous décidons de faire un stop dans ce petit village perdu mais pourtant bien connu des voyageurs au long cours, Puyuhuapi.

Nous bifurquons donc vers le village plein de bons espoirs de trouver un camping au bord du lac pour la nuit. Nous suivons la route en travaux jusqu’à l’entrée de la ville. Et oh, surprise, ce n’est pas que la route qui est en travaux mais toute la ville!

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Surprenant effectivement car dans nos grandes villes, généralement les travaux se font par tronçon afin de faciliter la circulation. Hé bien ici, tout le village est à sac. Toutes les routes ouvertes, il n’y a que des chemins de boue. Nous nous frayons donc notre chemin jusqu’aux abord du camping, car vu notre dernière mésaventure dans la boue, nous avons choisi  de ne pas nous aventurer dans le chemin menant au camping.
Nous y voilà, enfin devant la porte du camping, et décidons d’y faire une visite afin de savoir si cela nous conviens. Quelle ne fut pas notre surprise! Ce sont des emplacements juste bon pour des randonneurs. Des box les uns à côtés des autres. De vrais cages à poules. Avec notre Defender et sa tente de toit, ça va être compliqué de s’installer ici. Nous décidons donc de quitter ce merveilleux village boueux en travaux. Mais avant cela, je dois me rendre dans une « ferreteria », plus précisément une quincaillerie pour y trouver de l’huile de moteur, de la 5w40, pure synthétique. Nous arrivons donc à la ferreteria Don Luis. Je coupe le moteur (chose que je fais rarement lorsque la course est rapide) et descend chercher mon huile, que bien évidemment, il n’y a pas!!

De retour dans le Def, moteur, contact et … bien non rien. Impossible de faire démarrer le moteur. Tout semble aller bien mais le moteur ne démarre plus. Pas les batteries car le moteur veut démarrer mais n’y arrive pas! Bon pas de panique, j’ai oublié de d’enclencher un truc, ben non tout à l’air normal!

Grrrrrr, après 10 minutes , je réalise que nous sommes en panne et que va falloir trouver un mécano! Faut savoir que nous faisions cette course car nous partions en camping sauvage juste après vu que le camping de Puyuhuapi n’accueille pas les véhicules comme le nôtre et qu,il est déjà tard. Donc, je m’en vais alpaguer une brave monsieur qui me dis, qu’il n’y a pas de garage ici, super, vous imaginez ma tête! Mais il y a un gars qui est mécano et habite à côté de la gomeria. (Je ne sais toujours pas la traduction de ce mot, mais c’est celui qui réchappe les vieux pneus).

Je vais donc à la gomeria et le monsieur me dit que ce mécano habite à 3 maisons de chez lui mais comme il travaille pour les travaux public sur la carretera, il ne sera sûrement pas là avant 20h!

Génial, je sais plus quoi faire, mais bon on attend, il est 19:30 ça va aller! Je croise un autre homme sur ma route et lui demande si il connaît le mécano. Et la, miracle, il me répond, »oui, c’est moi! » Non, content de ça, je lui expose mon souci et lui demande si il peut m’aider. Il me répond: »je prend mes outils et je viens ». Super, j’ai le mécano et en plus il est dispo pour m’aider tout de suite. Ça va aller!

Mais lorsqu’il voit la voiture, les choses se compliquent.

Il dit: »Land Rover!, aïe mucho electronica »

« Heu, oui » je répond « perro con este modelo no mucho electronica », il fait : »hum »

Il ouvre le capot, jette un œil rapide, et me demande où se trouve la pompe à fuel! La pompe a fuel, of course, Ben j’en sais rien. Je lui montre ce que je pense être la pompe a fuel et me répond que c’est pas ça.

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Ok, lui-dis je, je sors donc mon iPad et mon iPhone ainsi que le manuel utilisateur du véhicule et devinez quoi… pas de trace la pompe a fuel!
La pompe a fuel du Defender est dans le réservoir lui-même, donc aucune chance de la trouver, ah ah ah. Bon on va vérifier, le filtre tant qu’à faire, ah oui mais ça je sais où il est je lui montre, et il y jette un œil! Et la, il me regarde et me dit: »aqua !! Todo aqua », contrarié il regarde l’arrivée de fuel dans le moteur, et dis : »aqua, todo aqua ». Je comprend dès lors que le diesel acheté plus tôt dans la journée est contaminé avec de l’eau, et que mon super moteur 2,5L turbo injection direct n’aime pas ça du tout.
Qu’est-ce que je dois faire lui dis-je? Il me répond que lui ne sais rien faire car le système est électronique et que eux n’ont que des pompes mécaniques qu’il peut purger manuellement mais la impossible. Faut faire dépanner la voiture jusque Cohayque, a 260kms du village et qu’il va voiture falloir nettoyer les injecteurs et les régler avec un scanner.

Heu, ça va pas être possible je lui dis, la route est défoncée, je le sais je viens de là. Alors mettre ma voiture sur une dépanneuse ou me faire tracter sur 260 bornes sur une route comme ça, jamais de la vie.

Ok, il me répond, moi je ne peux plus rien faire, bonne soirée et le voilà parti.!!!

Nous voilà donc là, avec notre panne dans les bras et pas de solution. Nous décidons donc de passer au plan B qui est de trouver un logement sur place. Heureusement, notre appli de voyage nous renseigne une petite auberge très sympa, dont la  famille est originaire de ce petit village. Nous nous y rendons mais voilà, le sort s’acharne, plus de place! Le propriétaire très avenant nous recommande une autre auberge non loin de là où nous sommes. C’est la que nous rencontrerons la présidente de l’association Mapuche qui se bat pour la conservation de la culture et traditions de la tribu Mapuche.

Nous nous y installons et profiterons d’une bonne nuit dans un lit et une chambre bien chauffée.

Le lendemain, après le petit déjeuner, retour à la case départ, faut solutionner notre panne de moteur.

Pas de technicien sur place, les chiliens, pas du tout coopératifs, que faire?

Hé bien très simplement, moi sous le capot avec le talkie-walkie d’une part, de l’autre Séverine avec le préparateur de notre véhicule par Skype en Belgique. Imaginez un peu la situation! Et c’est la qu’on apprend la mécanique à distance.

Avant de penser au pire, vérifions ce qui est vérifiable aisément. Nous vérifions le filtre à diesel et le changeons, après plusieurs minutes de bataille car il est sensé être serré à la main, mais la le notre a été serré vraisemblablement à la clé car impossible à déloger. Je retourne donc à la ferreteria pour acheter une clé à filtre que bien évidemment, ils n’ont pas. Donc direction la gomeria du début qui lui ne la prête pas! Séverine insiste et fini par l’obtenir en prêt pour quelques heures. Une fois le filtre délogé et remplacé, vérification du circuit électrique. Tout les fusibles sont ok! Bon, ben comment on fait alors? Le préparateur nous livre alors une info sorti de nulle part. Seul un technicien éprouvé de Defender peut savoir! Le descriptif dans le manuel de l’utilisateur du fusible qui commande la pompe à diesel est mal indiqué. Il ne faut pas regarder celui la mais celui qui est relié au fil violet et blanc!! Ah ah ah, et ça comment tu le sais, si tu le sais pas! Je vérifie donc ce fusible qui effectivement à sauté. Très probablement usé par les années et par les vibrations soutenues des pistes.
Heureusement, j’ai des fusibles de ce type en rechange. Aussitôt dit, aussitôt fait.

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Reste plus qu’un tour de magie à faire. Il existe des manipulations secrètes à faire que seul des ferrus de Defender connaissent. Un tour de clé par si, un coup de pédale par là, tu attends que la lampe s’éteigne et tu remets la clé. Et la Oh, miracle, pas besoin de scanner, d’appareillage ou autre, vive l’électronique, le système se ré-initialise de lui-même, purge automatique, remplissage du filtre, nettoyage des injecteurs, etc…
Je tourne la clé et le moteur démarre comme si rien ne s’était passé. Nous soufflons! Mais restons avec une interrogation, que faire avec le fuel contaminé ? Impossible de siffoner l’eau du fond du réservoir, faut vider le réservoir, ok amis où jeter 115L de diesel? Sur la route? Non, impossible. Et ensuite, refaire le plein dans la pompe du village ? Jamais, le village est en travaux, boue partout et de l’eau à tous les coins de rue. Pour peu qu’il y ait une micro fissure de leur cuve et c’est rebelotte.
Je décide donc de siffonner 5 L dans une bouteille transparente, la laisser reposer la nuit et si eau il y a, on vide le fuel, et si tout semble normal, nous partirons comme cela et referons le plein dans un village plus loin où il fait sec.

Le lendemain, verdict! Tout est ok, on décide alors de prendre congé de nos hôtes de Puyuhuapi et de continuer notre route. 5 jours ont été nécessaire pour venir à bout de cette panne. Une éternité quand on sait que dans une grande ville, cela aurait pris sans doute moins d’une après-midi.

C’est ça le voyage aussi… et l’univers nous a fait tomber en panne dans ce village, heureusement, qu’aurions-nous fais, si cela nous était arrivé en camping sauvage au milieu de nulle part, ce qui au final était prévu dans nos plans. Merci l’univers pour ta bien veillance.

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