Le Gaucho argentin et le Rodéo

Le gaucho argentin a façonné son identité dans son histoire. Autrefois le gaucho était un hors la loi qui chassait à l’aide de son lasso le bétail des estancias ennemies. Le gaucho d’aujourd’hui à tout conserver de ses origines; son attirail si emblématique et surtout l’agilité sans égal du domptage des chevaux.

Au pays des gauchos, il est de coutume de se réunir dans sa région pour élire le meilleur jinete lors d’une jineteada, un rodéo à cheval façon Argentine… oui une Jineteada en Argentine et non un rodéo. Le terme rodéo en Argentine ne signifie pas des jeux équestres mais bien le travail des bovins qui sont conduit au corral.

Ce sera contre toutes attentes que nous découvrons tout l’art festif du rodéo et du monde gaucho lors de notre passage à Villa Traful au bord du lac et au cœur du parc national Nahuel Huapi.

Ce spectacle et événement sportif débute par le débouler des chevaux et drapeaux dans l’arène face au lac. Dans une ambiance festive et tout à coup sérieuse l’hymne nationale est chantée par l’ensemble des personnes présentes. Un moment solennel pour cette cérémonie d’ouverture qui marque le coup d’envoi des festivités.

Le meneur de scène nous tient en haleine. Des chants ou plutôt des poèmes sont chantés en continu pour motiver et encourager les jinetes. Des gauchos amènent le cheval et le fixe à un des deux poteaux présents sur le côté gauche de l’arène. Ils le préparent pendant que le jinete de son côté finit de revêtir la tenue adéquate avant de prendre place sur sa monture. Une fois le jinete en place, le meneur à cheval bâton à la main est prêt à donner le signal aux assistants et au jinete. Il est temps d’enlever les œillères, de libérer l’animal, le meneur à cheval abaisse son bâton, c’est le top départ!

Brutal et spectaculaire, nous assistons au lâcher du cheval en furie monté par le jinete qui tente de dompter le cheval qui se cabre, le dominer et rester en selle le plus longtemps possible. L’épreuve est rapide et ne dure que quelques secondes. Le jinete est ensuite libérer de son cheval par deux autres gauchos; si il atteint bien entendu le temps réglementaire et qu’il ne s’est pas fait éjecté avant !

On comprend rapidement le but du jeu. Le jinete chevauche une monture sauvage et non dressée et doit rester à dos le plus longtemps possible jusqu’à ce que la cloche annonce la fin du temps réglementaire de 15 secondes. Il pratique la doma, l’art de dresser le cheval comme le faisait déjà autrefois les gauchos argentins agiles et hors la loi.

Il y a plusieurs catégories de jineteada. Elles se distinctent selon que le jinete monte à cru ou avec un recado, une sorte de selle sommaire.

La « crinia limpia ou podro pelado » qui consiste à monter à cru et de talonner sans cesse sa monture.

La « grupa surena » qui autorise l’usage des brides dans une main et du fouet dans l’autre et d’une peau de mouton attachée par un lien de cuir en guise de selle sommaire. C’est cette catégorie de rodéo à laquelle nous assistons à Villa Traful.

La « basto con encimera » qui interdit au jinete de toucher son cheval et de perdre ses étriers.

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Le prix est attribué à celui qui a la plus grande maîtrise de son cheval sauvage et de son élégance lors de l’épreuve.
La récompense du vainqueur est paraît t’il l’orgueil d’être champion et flatter leur égo entre amis gauchos de la région.

Nous assistons à ce spectacle entouré de gauchos revêtus de tout l’attirail indispensable pour ces réjouissances gauchescas. Habillés avec son bombacha, pantalon ample plissé à la taille, il pose par dessus sa cinto gaucho, large ceinture de cuir ou de tissus accroché par une boucle qui accueille l’élément indispensable de tous gauchos, son couteau. Pour lui l’objet le plus précieux lui servant à manger, à se défendre, à travailler le cuir , à sculpter du bois, graver du métal et à curer les sabots du cheval. Un vrai chevalier des temps modernes le gaucho qui munis de son couteau peut tout faire. Mais les plus emblématiques pour nous sont le fameu couvre-chef Chamberco, mou en laine et doublé sur les côtés et le Serenero, foulard multi fonction au couleur vive que tout gauchos portent constamment.

Même les enfants sont revêtus de ces vêtements si caractéristiques. Cela se perpétue de génération en génération ici en Argentine. Durant les poses du spectacle, même des enfants gauchos en bas âge chevauchent les chevaux à toute allure.

Nous ne revêtirons pas l’équipement gaucho mais par contre quand il s’agit de manger alors là, on peut sans souci s’imprégner de leur tradition culinaire. Ça tombe bien il y a un asado géant. Pas de festivités chez les argentins sans un asado. On ne peut résister au Cordero cuit durant des heures à la braise accompagné de la sauce chimichurri.

Et voici une journée typique en Argentine qui s’achève.

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